Enregistrer une reprise

Avoir du matériel, c’est bien. Savoir s’en servir, c’est mieux ! Mais bien l’exploiter… C’est une autre paire de manche (surtout quand on joue de la guitare… 🙂 ).

Avant tout, il faut savoir qu’il n’existe pas de recette magique afin de produire quelque chose de propre et d’exploitable. Les ingrédients les plus fiables sont bien entendu la patience et l’expérience. Aussi, il ne faut pas croire que le matériel fait le musicien : un dieu de la gratte pourra faire sonner le premier manche à balais à 6 cordes ! Certes, un matos de bonne qualité aide à progresser et à obtenir un meilleur rendu, mais il faut avant tout s’assurer que l’on s’est saigné avec ce que l’on avait pour être sûr d’avoir besoin de mieux. J’entends par là qu’il ne faut pas chercher à claquer son argent en pensant que cela fera le travail à notre place 🙂 .

Cependant, pour débuter et progresser, il est intéressant de suivre une trame, un modèle sur lequel se baser. La méthode la plus simple pour s’initier à l’enregistrement est la reprise. Quoi de mieux que de s’éclater sur sa chanson préférée que l’on connaît par coeur ?

Plusieurs méthodes se profilent pour une reprise (ou cover si on veut se la péter). Prenons l’exemple d’un morceau d’un petit groupe de rock indépendant que personne ne connaît : Wonderwall. Que celui qui ne l’a jamais joué me jette la première gratte 🙂 . Si l’on se réfère à l’originale, on a besoin d’enregistrer une guitare, une basse, une batterie et une voix (grosso modo). Cependant, si on travaille seul, il n’est pas toujours possible d’assumer tous les instruments (d’un point de vue technique comme matériel).

  • Trouvez vous un backing track

Pour la plupart des titres connus, internet regorge de pistes audio sur lesquelles on a retiré un ou plusieurs instruments sur la version originale, ou une sur version arrangée (à ne pas confondre avec le rhum). Cela permet de s’entraîner dessus sans avoir un doublon sur un instrument (chanter par dessus la voix originale, superposer son solo à un autre, etc…). Ainsi, il est possible de trouver ses morceaux préférés sans guitare, sans voix, sans basse, sans batterie, sans Pelegrino… Ajoutez simplement votre backing track à votre projet, et enregistrez vous dessus !

Coucou, comment on trouve des backing tracks ?

Une fois de plus, abusez des moteurs de recherche. YouTube regorge également de pistes de ce genre. Tapez simplement “votre_chanson backing track”.

  • Abusez des pistes midi

Si vous ne trouvez pas de backing track à votre goût, les pistes midi vous seront d’un grand secours.

Wesh j’habite pas dans le Sud !

Aucun rapport avec le midi de la France, évidemment. Il s’agit de pistes numériques qui contiennent des informations musicales. A l’inverse d’une piste audio qui contient un signal sonore, un fichier midi contient des notes de musique qui seront traduites par votre ordinateur. Si vous tentez d’ouvrir un fichier midi avec votre lecteur multimédia préféré (VLC, c’est pour toi), vous entendrez un son assez cheap, pas franchement exploitable. Par contre, votre logiciel de MAO va être capable d’enrichir les sonorités de chaque instrument. Pour cela, importez vos pistes midi dans votre projet, et associez-les à des instruments logiciels. Nous aurons l’occasion d’y revenir plus en détail dans un autre article !

Toujours pareil, utilisez Google pour trouver votre bonheur. Vous trouverez également une mine d’or dans les fichiers GuitarPro. Bien connu des gratteux, GuitarPro permet de lire une partition/tablature en temps réel, mais surtout de les exporter en fichiers midi. N’hésitez donc pas à télécharger cet outil (ou TuxGuitar pour une version opensource), à trouver des tablatures au format GuitarPro, et à les exporter en midi.

  • Refaites la à votre sauce !

Si vos compétences musicales et votre matériel le permettent, vous pouvez tout aussi bien arranger votre propre version. N’hésitez pas à écouter bien en détail le titre en question, et à prendre des notes sur sa structure, l’évolution des instruments, etc… Et après tout, rien n’empêche de piquer discrètement une ou deux pistes midis 🙂 . Pensez également à la version acoustique : efficace et pas chère, c’est l’acoustique que je préfère ! Un instrument et une voix, ça fait toujours le travail.

Cette méthode est évidemment fastidieuse, mais donne beaucoup d’expérience. C’est un bon moyen de progresser, et de se préparer à la composition 🙂 .

Home-Studio : par où commencer ?

Salut à toi, le zikos !

Tu as déjà des notions musicales assez solides, et ta capacité à jouer avec ton (ou tes) instrument n’a d’égal que ton désir d’aller plus loin dans ta quête de savoir-faire. Hé oui, jouer c’est une chose, mais s’enregistrer… c’est mieux ! Je suis convaincu que tu te poses déjà une sacrée série de questions.

Que dois-je mettre sur ma liste de courses ? Vais-je devoir y laisser un rein ? Pourquoi la vie ?

Du calme 🙂 Avant-tout, il faut savoir vers quoi on se dirige, faire le point sur ses objectifs. Le monde du studio est beau, mais il demande avant-tout patience avant de parler investissement.

Alors par quoi commencer ? Tout d’abord, il nous faut un support sur lequel travailler et enregistrer nos chefs-d’oeuvre. A moins que le côté vintage des vieilles cassettes trouvées dans ton grenier n’éveille tes hormones, partons bien sûr d’un ordinateur (ou pourquoi pas une tablette / smartphone, mais ce n’est pas le sujet d’aujourd’hui). Afin de pouvoir s’amuser comme il faut, nous avons besoin d’un outil de MAO (Musique Assistée par Ordinateur). Il en existe pour tous les goûts, à tous les prix et pour tous les systèmes d’exploitation. Voyons donc quels logiciels utiliser :

Sur Mac :

  • Le polyvalent GarageBand est pré-installé gratuitement sur les ordinateurs. Son interface est très épurée, simple et efficace. Il permet de s’initier à la MAO et de réaliser des productions très satisfaisantes.
  • Le redoutable Logic est l’outil professionnel de production musicale d’Apple. Très puissant et rappelant GarageBand, il permet de réaliser des productions très pointilleuses, mais est plus lourd à utiliser (et très cher).

Sur Windows :

  • Les bons marchés : Magix Music MakerCakewalk Sonar.
  • La Rolls Royce FL Studio.

Sur Windows/Mac :

  • Les bons marchés comme Cockos Reaper et MuTools MuLab.
  • Les classiques et onéreux Steinberg CubaseProtools, et Ableton Live.

Pour tester votre matériel, vous pouvez aussi télécharger des outils gratuits comme Audacity, qui permet uniquement d’enregistrer des pistes.

Ne pouvant pas faire le choix à votre place, je vous invite à traîner un peu sur le web afin de dégoter des informations sur les différents produits. Certains peuvent être disponibles gratuitement en version d’essai, ce qui est un bon moyen de prendre ses marques avant d’investir (légalement 😉) ! Etant un Mac-user de longue date, je baserai mes conseils sur GarageBand (mes premiers pas) et Logic (dans ma quête du Graal musical).

Ok, j’ai mon logiciel de MAO. Mais mon ordinateur n’a pas de prise jack pour y brancher ma guitare !

Hé oui, ce serait trop beau pour être vrai. Notre ordinateur va servir de support pour enregistrer, mixer et stocker nos productions. Cependant, il nous faut un moyen de connecter nos instruments (micro, guitare, clavier…). Plusieurs solutions peuvent s’offrir à nous :

  • Certains ordinateurs possèdent une entrée Line mini-jack 3.5mm (de la taille d’une prise casque), et permettent d’y brancher un instrument via un adaptateur (de jack 6.35mm vers mini-jack 3.5mm, trouvable en grande-surface). Ne pas confondre une entrée Line d’une entrée micro (généralement de couleur rouge, pour les micro-casques) : pour des raisons d’ordre électronique, une entrée micro n’est pas faite pour y brancher un instrument, et inversement.
  • Il existe des instruments dotés de sorties USB, afin de les brancher en direct à un ordinateur. Cela peut être le cas sur un synthé ou un ampli de guitare. Sinon, il existe une flopée d’adaptateurs audio vers USB. Cette solution est intéressante pour débuter car peu coûteuse (radins que nous sommes 😉 ).
  • Dans un usage plus pro (ou quand on ne rempli pas les conditions ci-dessus), on utilisera une carte de son externe. Celle-ci se branche en USB (ou autre connectique) et est dotée de prises audio. Elle permet de fournir à l’ordinateur un signal de meilleure qualité, car il sera mieux amplifié qu’une ligne USB ou en entrée directe. Il existe de nombreuses cartes de son externes compactes et peu coûteuses pour les néophytes. Une fois de plus, je vous invite à abuser des moteurs de recherche 🙂

En définitif, voici quelques exemples de branchement :

Carte_son

On est obligé de jouer du clavier à midi ?

Il existe plusieurs types de prises audio. Les 3 principales sont les suivantes :

  • La prise jack 6,35mm, utilisée pour les guitares électriques, les pianos numériques et certains micros.
  • La prise XLR, utilisée sur les micros.
  • La prise Midi, que l’on trouve sur les claviers et les batteries électroniques. Ce format est particulier, car il transmet une information numérique et non un signal audio. Nous aurons l’occasion d’y revenir plus tard.

La solution à favoriser (en terme de qualité) est la carte de son. L’interface USB d’un ampli peut être intéressante, mais à tendance à dénaturer le son que l’on obtiendra. Enfin, les adaptateurs vers USB ou Line restent corrects pour débuter, mais sont à déconseiller à long terme (qualité trop moyenne).

Te voilà fin prêt à entrer au combat et à entamer ta première bataille sur ton logiciel !